Pourquoi cet article ?
Je m'engage solennellement à travailler pendant un mois pour le compte de la SNCF.
Donc, je m'en vais vous conter la belle histoire de notre gare.
Le chemin de fer à Tours est déjà une histoire ancienne. Le train met alors cette ville à 6 heures de Paris quand la diligence parcourt le même trajet en 23 heures. Dès 1846, Balzac en est même un fidèle usager.
Tours est devenu le noeud ferroviaire le plus important du Centre de la France avec plus de 800 000 passagers vers 1900. Devant l'urgence, les ingénieurs imaginent un nouvel édifice en retrait par rapport à l'ancienne gare.
L'architecte tourangeau Victor Laloux, qui mènera le chantier de la gare d'Orsay en 1900, obtient la commande de la gare et de l'Hôtel de Ville, ainsi que la basilique Saint-Martin édifiée entre 1886 et 1924. Les deux premiers chantiers se déroulent en même temps : de 1895 à 1902 pour la gare, de 1896 à 1904 pour l'Hôtel de Ville. C'est le président de la République Félix Faure qui pose la première pierre des deux chantiers le 25 mai 1896.
L'architecture puise son principe dans la "gare halles", bâtiment industriel dont la façade doit révéler sa présence tout en ayant un caractère monumental (comme la gare de l'Est à Paris). Victor Laloux applique ce principe en montrant, depuis la rue, les deux halles métalliques abritant les trains grâce à des tympans vitrés.
La façade est dotée d'une horloge monumentale, de deux immenses arcades vitrées à ossature métallique encadrées de quatre piliers de pierre. L'architecture offre une grande luminosité et facilite l'évacuation des fumées des locomotives...
Les deux halles sont totalement symétriques et mesurent chacune 176 mètres de long pour 31 mètres de portée (pour l'anecdote, c'est l'équivalent des arcs qui supportent la toiture gonflable de l'Heure tranquille aux 2 Lions).
